L’art de l’indulgence

beautiful-blur-blurred-background-Darwis Alwan© Darwis Alwan

Petite inspiration du jour. Finalement, je préfère écrire et partager mes réflexions du moment selon les expériences que je vis, plutôt que des trucs généraux. Et aujourd’hui, j’ai envie de parler d’indulgence.

Je crois qu’on vit dans une société où rien n’est moins méprisé que l’indulgence.

C’est peut-être pour cette raison que l’on ne se sent jamais assez. Comme beaucoup, j’ai du mal avec la pression, avec les attentes, avec le fait qu’on nous demande toujours plus sans comprendre qu’on ne le peut parfois pas, qu’on veuille toujours mieux. Qu’on veuille de la perfection alors que l’image que les gens se font de la perfection n’existe pas.

Et ce qui m’agace le plus, c’est que moi aussi je répète ces schémas malgré moi.

*

Tout commence par une dispute

Cette réalité m’a frappée quand je me suis disputée avec ma petite sœur il y a quelques jours. C’est une ado, avec ses comportements d’ado, ses idées d’ado et ses rébellions d’ado. Bref, elle est comme la plupart des ados de son âge et elle est aussi comme je l’étais à son âge.

Je lui avais demandé quelque chose qu’elle n’avait pas voulu faire et je me suis mise en colère face à sa réaction. Nous nous sommes retrouvées dans une situation sans issues car aucune de nous deux ne voulaient céder à l’autre. Et… je me suis sentie vraiment mal à l’intérieur. J’avais à la fois mon égo qui était courroucé à l’idée qu’elle puisse me dire “non” et en même temps je me savais coupable de réagir comme je le faisais.

Avec du recul, je pense que si j’avais été à sa place, au même âge, j’aurais eu la même réaction. Et réaliser cela rend terrible le fait que même en étant toujours jeune, je peux déjà oublier ce que c’était qu’être ado.

Le lendemain de la dispute, je lisais un article et je suis tombée sur ce mot, cette qualité dont j’avais manqué la veille : l’indulgence.

Mais pourquoi aurais-je dû être indulgente dans ce cas-là ?

Eh bien, simplement parce que ma sœur est une ado et je ne peux pas exiger d’elle qu’elle se comporte comme une adulte parce qu’elle n’en est pas une.

Et ça ne concerne pas que ma sœur. Ca concerne n’importe quel ado – n’importe quel enfant !

Ne leur en demandons pas plus qu’ils ne le peuvent.

Alors cette phrase ne doit pas être entendue de manière méprisante. Je ne dis pas que les ados sont trop stupides pour agir comme des adultes.

C’est juste qu’ils sont des ados et qu’ils ont à agir comme des ados, pas comme des adultes, sinon on les appellerait des adultes, c’est tout.

Ils ne sont pas encore prêts à en être parce qu’ils se construisent et que ce n’est pas simplement pas le moment : la maturité vient avec le temps, pas sous la force.

*

Halte aux attentes

Mon exemple impliquait une adolescente mais l’indulgence se fait avec n’importe qui, peu importe notre âge, notre statut ou notre degré d’intimité.

On ne peut pas faire plus que de son mieux. Alors soyons indulgents envers le “mieux” de chaque personne même s’il est inférieur à ce que l’on attend d’elle.

Parce que la seule raison pour laquelle nous sommes déçus des autres, c’est parce que nous avons des attentes qui ne sont pas exaucées. Mais à qui la faute en fin de compte ?

> A la personne qui n’a pas su répondre à notre attente ?

> Ou à nous qui avons créé cette attente de notre propre chef sans se demander cela va convenir à l’autre ?

Personne n’a à agir “parfaitement” (c’est-à-dire conformément à nos attentes). Personne ne prétend pouvoir le faire. C’est nous  qui collons à autrui cette image et qui exigeons d’autrui qu’il le fasse, mais cette image n’est pas vraie. Personne ne voudrait de cette responsabilité-là.

Moi-même je n’ai pas envie d’agir systématiquement en fonction de ce que veulent les autres. J’ai envie d’agir en fonction de ce que je veux moi.

Et si ce que je veux entre en adéquation avec ce que veulent les autres, alléluia !

Et si ce n’est pas le cas, je ne veux pas me forcer parce que ce serait renier ce que je suis, tout comme je ne veux pas que quelqu’un se force pour moi. Si quelqu’un doit faire un effort pour moi, je veux que ce soit de son propre chef et pas parce qu’il s’en sent obligé.

Les gens font de leur mieux, c’est tout, et nos attentes n’y changeront rien. Alors cessons de mettre une pression folle sur les épaules des autres parce que ce qui arrive n’est généralement JAMAIS conforme à ce qu’on s’imaginait. C’est soit pire, soit mieux.

Si c’est mieux, tant mieux. Si c’est pire… eh bien, nous n’y pouvons rien et il faut l’accepter et être indulgent.

*

Notre responsabilité

Il y a cette phrase que j’aime bien :

“Les autres sont responsables de ce qu’ils font mais je suis responsable de la manière dont j’y réagis”

Et j’y crois totalement. L’action de l’autre n’est qu’une face du problème. L’autre face, c’est notre réaction.

On n’est pas obligé de s’énerver quand quelqu’un nous insulte. On n’est pas obligé de s’énerver quand quelqu’un reste à gauche sur les escalators à Paris. On n’est pas obligé de s’énerver quand quelqu’un refuse de céder à nos désirs ou que quelqu’un est en retard ou n’a pas le même avis que nous.

Je crois qu’il est important de savoir pardonner, pas qu’en faveur de la personne fautive mais aussi pour nous-mêmes.

La manière dont on se comporte avec les autres a un impact sur notre rapport à nous : si nous agissons mal envers autrui, nous nous blesserons nous-mêmes. Si nous agissons bien, nous nous apporterons du positif.

Pardonner entre en ligne de compte : je préfère pardonner plutôt que de garder ma peine et ma colère et les ressasser longtemps. Parce que ressasser me fait du mal et ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour moi.

Comme je suis responsable de la manière dont je réagis, je décide de réagir de la manière qui me fera le moins de mal : et souvent, il s’agit de pardonner pour s’épargner des souffrances inutiles.

Parce qu’au final, le mal que m’a fait une personne m’a blessé une fois. Toutes les autres fois, c’était le souvenir  de cet évènement qui m’a blessé. Et ce souvenir, c’est moi qui l’ai invoqué.

En conclusion, je me fais du mal toute seule. L’autre n’est pas responsable de ce que je décide de faire avec mes souvenirs.

Alors autant lui pardonner au lieu d’empirer mon état !

*

L’indulgence n’empêche pas de communiquer

L’indulgence est un pas que l’on fait vers l’autre pour mieux le comprendre. La communication est donc un élément qui y est étroitement lié.

Déjà, plus haut, je parlais des attentes. Eh bien, au lieu de les garder dans ma tête, pourquoi ne pas exprimer à l’autre ce que je veux et ce que j’attends, pour savoir s’il sera en mesure d’y répondre… et surtout pour qu’il sache ce dont j’ai besoin (parce que l’autre n’est pas un devin !).

Et si le mal a été fait… je crois qu’il est vraiment important de savoir exprimer ce que l’on ressent sans être soumis à un déchaînement d’émotions. Savoir dire “Tu m’as blessée quand tu as fait ça” et savoir écouter ce que l’autre a à dire. C’est l’occasion pour l’autre de s’expliquer, de se rendre compte du mal qui a été fait et peut-être de s’excuser.

Dans les disputes, on ne fait attention qu’à soi. Et au final, c’est aussi le sentiment de ne pas avoir été écouté et notre ignorance par rapport à ce que pense l’autre qui sont douloureux.

Malgré tout, je sais qu’il y a des choses qui sont difficilement pardonnables et c’est ok de mettre du temps à tourner la page. Mais là encore, notre réaction face à cette personne est de notre responsabilité : si la force de pardonner nous manque, ayons au moins la force de l’empêcher de nous nuire à nouveau.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est facile pour vous d’être indulgent face aux erreurs des autres ? Est-ce que vous pensez que cela vous ferait du bien de leur pardonner ?

Si cet article vous a aidé, n'hésitez pas à le partager !
  •  
  •  
  •  
  •  

2 réflexions au sujet de « L’art de l’indulgence »

  1. Bonjour Ambre .
    J’aime beaucoup ce que tu écris et ce principe d’écrire tes réflexions du moment . C’est super utile et cela nous fait prendre du recul face à certaines épreuves .
    Merci

    Répondre

    1. Merci beaucoup à toi Mehdi de ton retour ! Ecrire m’aide à prendre ce recul aussi, alors si tu partages ce sentiment, ça me rend très heureuse !

      A bientôt

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.